Comment gérer un enfant qui refuse de participer ?

Et si un enfant qui ne joue pas avait simplement besoin d’une autre place ?

Quand on anime un groupe d’enfants, il y a des comportements qui attirent immédiatement l’attention.

Un enfant qui court partout, un autre qui monopolise la parole, celui qui refuse une consigne… et puis il y a celui qui reste en retrait.

Il regarde.

Il observe.

Il ne participe pas vraiment.

Pour l’animateur, la question arrive naturellement : « Pourquoi ne veut-il pas jouer ? »

Mais parfois, la bonne question est ailleurs.

C’est ce que nous avons appris avec Anton.

Une famille que nous connaissions déjà

Cette animation avait une particularité : nous ne découvrions pas cette famille ce jour-là.

Les enfants faisaient partie d’un petit groupe que nous avions commencé à accompagner dès leurs 5 ans pour leurs anniversaires. Les célébrations se déroulaient tour à tour chez les différentes familles.

Au fil des années, une relation de confiance s’était donc installée.

Nous connaissions les enfants. Ils nous connaissaient. Ils savaient qui nous étions et comment nous fonctionnions.

Et pourtant, ce jour-là, Anton nous a surpris.

Un enfant adorable… mais étonnamment sérieux

Anton était adorable.

Mais il ne voulait pas jouer.

Pas vraiment.

Pendant que les autres enfants participaient, riaient et entraient progressivement dans l'univers de l'animation, lui restait là.

Il regardait.

Son visage affichait un sérieux qui m’a immédiatement interpellée.

Ce n’était pas simplement un enfant qui disait « non » à une activité. Il semblait ailleurs, occupé par quelque chose.

Alors plutôt que de

multiplier les sollicitations pour essayer de le faire rejoindre le groupe, nous avons choisi de respecter son attitude.

Après tout, participer à une animation ne signifie pas nécessairement courir avec les autres.

Et si on lui proposait une autre place ?

Nous lui avons alors proposé de faire l’animation avec nous.

Et là, quelque chose s’est passé.

Anton est devenu acteur.

Il ne voulait peut-être pas être simplement un enfant parmi les autres dans le jeu. Mais il pouvait parfaitement trouver sa place aux côtés des animateurs.

Cette position lui convenait.

Tellement bien que nous avons commencé à créer des activités qu’il pouvait lui-même animer.

Et nous l’avons vu exceller dans ce rôle.

Il observait les autres, comprenait les consignes, participait à la dynamique du groupe et prenait manifestement plaisir à contribuer autrement.

Ce qui ressemblait au départ à un refus de participer était peut-être simplement un besoin différent de participation.

Puis nous avons compris ce qui pouvait se jouer

Avec le temps, un élément nous a semblé particulièrement éclairant.

Anton semblait très attentif à sa petite sœur, Sandy.

Nous avons fait l’hypothèse qu’il se sentait responsable d’elle et que cette préoccupation occupait une partie de son esprit.

S’il entrait complètement dans le jeu avec les autres, il ne pouvait plus garder ce regard sur sa petite sœur.

Il ne disposait peut-être tout simplement pas du moyen de faire les deux à la fois.

Alors il choisissait de rester en retrait.

De regarder.

De rester disponible.

Vu sous cet angle, son comportement changeait complètement de sens.

Anton ne refusait peut-être pas de jouer. Il cherchait une façon de participer sans renoncer à ce qui lui semblait important.

La bonne équation

Lorsque ce fut au tour de sa famille de recevoir l’anniversaire, nous avions retenu cette expérience.

Nous avons donc imaginé pour Anton des jeux davantage tournés vers la réflexion, avec une dimension plus

intellectuelle.

Mais « intellectuel » ne voulait surtout pas dire ennuyeux.

Les activités restaient ludiques, vivantes et adaptées à l'esprit de l'anniversaire.

Cette fois, nous ne cherchions plus à faire entrer Anton dans un modèle unique de participation.

Nous avions intégré son besoin d’observer, de réfléchir et de garder une certaine maîtrise de ce qui se passait autour de lui.

Et cela fonctionnait.

Ce que cette expérience nous a appris

Dans l’animation, il est tentant de considérer la participation comme un indicateur de réussite.

Un enfant joue : tout va bien.

Un enfant ne joue pas : il faut trouver comment le faire participer.

Mais cette expérience nous a appris à regarder les choses autrement.

Un enfant qui reste à l’écart n’est pas nécessairement désintéressé.

Il peut être fatigué.

Timide.

Préoccupé.

Impressionné par le groupe.

Ou, comme Anton, avoir besoin de conserver une autre forme de vigilance.

Le rôle de l’animateur n’est donc pas forcément de convaincre l’enfant de faire comme les autres.

Il peut être de chercher avec lui la manière dont il pourra trouver sa place.

Blog édité par Carole COCO-VILOIN

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